Notes from Coline

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Toi, vole!

Toi-vole- image.jpgAuteur : Eve Bunting

Parution : 19/01/2006
Éditeur : Syros

ISBN : 2748503147

 

Quatrième de couverture

 

Mon papa et moi habitons un aéroport.
Nous n'avons pas de maison et l'aéroport, c'est mieux que la rue. Mais il ne faut surtout pas se faire prendre...

 

Mon avis

 

Cet album de jeunesse était posé devant moi, sur le bureau, depuis plusieurs heures. J’ai été perdre mes mains et mes yeux dans la bibliothèque qui s’offrait à moi et j’ai trouvé de jolies histoires à raconter aux enfants. A la fin de la journée, une fois les enfants partis, j’ai décidé d’ouvrir ce livre posé devant moi. Sa couverture ne m’attirait pas, le sujet qui semblait découler de son illustration et son titre non plus. L’aviation, mmh…

Quand j’ai refermé cet album de jeunesse, j’ai remercié ma curiosité de ne pas m’avoir laissé partir sans découvrir ce petit trésor. La force de ce livre ne réside pas comme pour beaucoup dans son illustration, dans son histoire merveilleuse ou son dépaysement, mais bien dans son fond, sa réalité, son sujet trop peu abordé auprès d’enfants.

Dans « Toi, vole ! », nous suivons le quotidien d’un enfant et de son papa qui vivent dans un aéroport. On y découvre leurs stratégies pour pouvoir dormir au chaud sans se faire remarquer, leurs heures de marches, et leurs amis qui vivent la même situation qu’eux mais qu’ils ne peuvent approcher afin de rester discrets. L’enfant nous raconte ses nuits dans le bruit et son hygiène dans les toilettes publiques. Jusqu’ici, j’ai été ébahie de voir que l’on abordait enfin un sujet tel que celui-ci dans un livre pour enfant, qui plus est avec des mots simples et des images claires. Mais ce qui rend ce livre unique c’est qu’il parle des SDF autrement, à l’encontre des préjugés. L’auteur a su faire du papa un monsieur tout le monde qui n’arrive juste plus à joindre les deux bouts en fin de mois. Un monsieur tout le monde qui pourrait être toi, moi, ou les parents d’un de ces petits bouts devant moi… Un monsieur tout le monde, un sdf humanisé, loin de la gêne, de la peur ou de quelconques sentiments négatifs que certains peuvent ressentir à leur vue.

Cette histoire peut paraitre défaitiste, elle est pourtant remplie d’amour entre un père et son fils qui se soudent pour sortir de leurs problèmes. C’est également un souffle d’espoir à travers les yeux et l’optimisme de l’enfant qui rêve un jour de pouvoir s’envoler.

En conclusion, Eve Bunting semble savoir aborder des sujets concrets avec justesse et délicatesse auprès des enfants. Les mots sont simples et les comparaisons très poétiques. Je pense donc m’intéresser de très près à cette auteure de littérature jeunesse et ne plus me laisser influencer par les titres en version française car le titre original révèle bien plus la puissance du contenu : « Fly away home ».

 

Parce que je suis une lectrice qui ne sait pas lire sans crayon, je vous laisse avec deux citations et je vous dis à très vite !

 

«  Tout le monde va quelque part, sauf papa et moi. Nous, nous restons. »
« Puis je me souviens de l’oiseau, cela a pris du temps mais un matin une porte s’est ouverte, et quand il s’est envolé, je sais qu’il chantait. »

 

Coline Nelson.



27/02/2017
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