Notes from Coline

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Livres


Désolée, je suis attendue

Agnès Martin-Lugand
ISBN : 2266275135
Éditeur : POCKET (06/04/2017), Michel Lafon

Quatrième de couverture

 

Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir.

Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé.

 

Mon avis

Je ne prends aucun risque à vous dire qu’Agnès Martin Lugand est mon auteure préférée. J’ai été complètement chamboulée par son roman « Les gens heureux lisent et boivent du café » et sa suite. Je trouve cette romancière poétique et elle l’est dès la page de couverture. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais je trouve que rien que les titres qu’elles donnent à ses romans sortent de l’ordinaire.

 

J’étais très en retard dans la sortie de ses livres, donc dès que j’ai terminé ma dernière lecture, j’ai sauté sur « Désolée, je suis attendue ». La première chose que je me suis entendue dire c’est « ouh ! je ne retrouve pas l’écriture habituelle. ». Au revoir jolie poésie, nous voici avec ce roman dans le concret, dans le brut, dans le vrai.

 

Cela me paraissait un véritable défaut et puis j’ai appris à l’apprécier. En effet, je n’y ai pas retrouvé la torture profonde des personnages des autres romans, mais on goute ici à une histoire qui peut sembler réaliste, ou plus exactement être un phénomène de société et donc toucher davantage de personnes. Peut-être êtes vous, connaissez-vous ou jugez vous, ces femmes qui n'ont pas un homme dans leur vie, aucun projet d'enfant et qui semblent dévolues à leur métier. Je vous évite mon argumentaire féministe en plein milieu d'une chronique de livre mais Yaël c'est elle!

 

Nous découvrons Yaël dans le premier chapitre, lors de ses études. Grande déconneuse, elle préfère passer son temps avec sa bande d’amis en vivant au jour le jour plutôt que de penser au lendemain.

Dès le second chapitre, nous retrouvons Yaël dix ans plus tard. La jeune femme qu’elle est devenue est l’opposée de l’adolescente qu’elle était. Working-girl à outrance, elle n’a pas su trouver le juste équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle mais cela ne semble pas du tout la déranger. Enivrée par la réussite et le challenge rien ne semble manquer à sa vie, pas même ses amis qui lui rappellent fréquemment qu’elle les oublie.
Je crois que la frustration que j’ai ressenti avec ce livre provient d’eux. Ses amis. Ne nous trompons, j’aime leurs personnalités et leurs descriptions. Cependant, ils semblent aveugles face à la cause du changement d’attitude de Yaël alors que tout est limpide dès le premier chapitre. La voilà ma frustration. Je crois, je suis certaine même, que j’aurai adoré ce livre si le chapitre 1 n’avait pas existé. Ce que Yaël et ses amis semblent chercher pendant plus de 300 pages, je l’ai compris dans le chapitre 1…

 

J’ai cependant aimé suivre l’évolution de Yaël et observer que son changement n’était pas brutal. Il lui faut du temps et elle ne balaie pas d’un revers de la manche sa personnalité et ses habitudes. Si je n’avais qu’un mot pour définir ce livre c’est « crédible ».

 

Oui voilà, j’aurais pu écrire

 

Désolée, je suis attendue.

 

Crédible

 

Coline Nelson.

 

Mais ça aurait fait un peu court pour mon souvenir personnel dans quelques années.

 

Surtout que je n’aurais pas pu préciser que j’ai aimé l’intelligence de l’auteure d’intégrer dans son histoire deux personnages d’un roman précédent. Quel plaisir d’avoir de leurs nouvelles et de découvrir la suite de leur vie comme si l’on venait frapper chez eux quelques années plus tard pour savoir ce qu’ils deviennent. Et puis cette conclusion qui attendra la toute dernière phrase du roman... Un plaisir!

 

« Désolée, je suis attendue » n’est pas le premier livre que je conseillerais de cette auteure mais il est tout de même intéressant.

 

A très vite !

 

Coline Nelson

 

 

 

 


27/10/2017
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Toxic croquettes

Jutta Ziegler
ISBN : 2365490840
Éditeur : THIERRY SOUCCAR (22/05/2014)

Quatrième de couverture

 

Aidez votre animal à vivre plus longtemps et en meilleure santé

 

Des millions de chiens et de chats sont nourris aux croquettes et aux pâtés industriels. Une aubaine pour les fabricants... mais une catastrophe pour la santé des animaux.

 

La vétérinaire Jutta Ziegler s'est penchée sur la composition des croquettes. Son verdict : formulation inadaptée, ingrédients de mauvaise qualité, les croquettes sont en grande

partie responsables de la flambée du diabète, du surpoids, des maladies rénales, des allergies... observée chez les animaux de compagnie, mais aussi et surtout de la diminution de leur

durée de vie.

 

Elle pointe au passage la dégradation de la qualité des soins vétérinaires sous l'effet de la course au profit : vaccinations inutiles, recours excessif aux antibiotiques et à la cortisone... Des traitements nocifs qui fragilisent les animaux et augmentent paradoxalement

leur risque de maladie.

 

À partir de cas cliniques et avec une bonne dose d'humour, l'auteur explique comment repérer et remettre en question les régimes et les soins vétérinaires qui ne se justifient pas.

Vous saurez :

Comment donner à votre animal une alimentation « naturelle »

qui respecte ses besoins nutritionnels et lui permettra de vivre

longtemps en bonne santé

Quels sont les vaccins vraiment indispensables et ceux qui

sont inutiles

Comment distinguer, dès la salle d'attente, un vétérinaire qui se préoccupe davantage de la santé des animaux que de son porte-monnaie

Mon expérience personnelle


Comment se dit-on un jour, « tiens ! je vais lire un livre sur des croquettes »? Je crois qu’il est important que je vous raconte mon histoire avant de vous donner mon avis sur ce livre.

 

Il y a un peu plus d’un an, je me suis réveillée sous les hurlements de douleur de mon chat. Il ne pouvait plus bouger et pleurait autant que son corps le lui permettait. C’est fou comme cette image m’a choquée. Je suis très proche de mes animaux, mais à partir de ce jour-là notre relation a pris une dimension plus grande encore. J’ai entendu dans sa souffrance, la souffrance d’un être humain. J’ai pris conscience de son âme plus que jamais ce jour-ci.

Je l’ai donc emmené de toute urgence chez le vétérinaire qui m’a spécifié qu’il le gardait et qu’il y avait 3 chances sur 4 qu’il m’appelle pour que je donne l’autorisation de le piquer. Il m’a ensuite glissé que tout ceci était entièrement de ma faute et que je n’avais pas su lui donner ce qui était bon pour lui…

Je suis rentrée chez moi avec la violence de ses paroles et la peur de son appel. L’angoisse de perdre ce petit être.

Mon chat a eu finalement beaucoup de chance et s’en est sorti. Je suis repartie avec une jolie facture et de nouvelles croquettes médicalisées, le vétérinaire insistant sur ma culpabilité et le fait de ne pas donner n’importe quoi comme croquettes.

 

Je suis rentrée chez moi avec un doute profond. J’ai donc allumé mon ordinateur et commencé mes recherches pour savoir si ce professionnel cherchait simplement à me vendre ses produits ou s’il y avait visiblement des problèmes avec les croquettes de grande surface. Je n’ai rien trouvé de très controversant, si ce n’est qu’étrangement, les croquettes sont analysées par des laboratoires qui appartiennent aux grands groupes de fabricants de croquettes. Etonnant, non ? N’est-ce pas là le moyen le plus simple pour falsifier la vérité et raconter aux consommateurs ce que l’on souhaite leur dire ? Il a fallu plusieurs mois avant que je ne trouve de nouvelles informations grâce au magazine « 60 millions de consommateurs » qui a comparé des croquettes. On y découvre que certaines compositions d’aliments pour chats sont vraiment très alarmantes…

 

Un nouvel habitant à quatre pattes est arrivé chez nous, il y a quelques temps. Il a donc été rapidement question de son alimentation. Mon compagnon, tout aussi touché, troublé et questionné par l’expérience vécue avec mon chat, s’est donc longuement penché sur la question. La veille de l’arrivée de notre petit chien, nous ne savions toujours pas comment le nourrir. C’est en se rendant dans une petite animalerie que toutes nos inquiétudes et nos interrogations se sont exprimées publiquement. La responsable du magasin m’a souri en me tendant ce livre et je ne la remercierai jamais assez. En lisant ce livre, il y a quelque chose en moi qui s’est comblé. Quelque chose qui me travaillait depuis plus d’un an, sans jamais avoir de réponse, trouvait enfin la confirmation de ce que je redoutais.

 

Mon avis

 

Dans ce livre, Jutta Ziegler, nous explique à travers huit histoires vécues par des animaux, le danger que représente les croquettes industrielles, mais également la surdose vaccinale. Elle nous avertit qu’alors que l’on pense prendre soin de notre compagnon à quatre pattes, c’est l’industrie que l’on soigne et notre animal que l’on tue. Elle nous questionne sur le nombre de maladies nouvelles et croissantes qui se sont développées au même rythme que l’industrie et le commerce, chez l’Homme mais également chez les animaux.
Comment ne peut-on pas avoir réagi plus tôt ? Pourquoi cela nous semble-t-il logique que des animaux soient atteints de diabète ? N’est-ce pas là une maladie d’Homme ?
Vous le comprendrez, ce livre m’a bousculée, m’a révoltée par sa véracité des faits dépeints, par la simplicité de la logique qui nous échappe à nous en tant que maître et consommateur. Je suis réellement scandalisée de voir à quel point l’industrie des croquettes et les vétérinaires sont liées dès la formations de ces derniers. Je suis outrée de voir l’engrenage dans lequel l’un ou l’autre nous fait entrer. Car il s’agit bien là d’un engrenage financier. On nous fait empoisonner nos bêtes par l’alimentation, les vaccins ou même les anti-puces, pour mieux nous proposer des croquettes spécialisées, des médicaments hors de prix, des traitements à vie…

 

Je me questionne personnellement depuis un bon moment sur la souffrance animale et je viens d’avoir dans ce livre le dernier élément qui me manquait. La cruauté humaine envers les animaux au simple bénéfice du profit me répugne.

 

Je suis d’autant plus passionnée par ce livre qu’il a été écrit par une vétérinaire, elle-même. Je suis toujours époustouflée par les personnes qui aiment tellement leur métier et en sont animés, qu’ils peuvent être révoltés de voir les pratiques finalement mises en place que l’on ne comprend qu’une fois que l’on a traversé le décor,  au point de trouver le courage de les dénoncer publiquement. Je sais que ces mots ne parviendront jamais jusqu’à elle mais j’ai une réelle reconnaissance d’avoir pu avoir accès à de telles informations, alors merci d’avoir eu le caractère de tout envoyer balader, de nous alerter, et de nous conseiller.

 

J’ai conscience que cet article est le plus engagé et peut-être le plus violent que j’ai pu écrire et je m’en excuse mais il faut que tout le monde comprenne…

Ce livre devrait être acheté, offert, prêté à toutes personnes qui adoptent un animal. Quel qu’il soit.

Je file rendre celui que l’on m’a prêté et en acheter un exemplaire pour l’avoir définitivement dans ma bibliothèque.

 

 

A très vite.

 

Coline Nelson.

 


27/08/2017
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[Le goût du bonheur] Gabrielle

Marie Laberge
ISBN : 226616760X
Éditeur : POCKET (22/03/2007)

Quatrième de couverture

 

Réunis dans leur résidence estivale de l'île d'Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l'image de l'harmonie et de l'aisance. La crise des années trente les a épargnés. 

Chez eux, le goût du bonheur l'emporte sur les conventions et les préjugés d'une société paroissiale et étouffante. 

Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire a encore plus de liberté, prête à la révolte. La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre sa tendresse pour le jeune Florent et sa passion pour l'Irlandais Nic McNally.

Partout, alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s'annoncent des orages du coeur, des menaces, des trahisons, la maladie. 

Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l'énergie vitale des Miller.

 


Mon avis

 

Si je reviens aussi tardivement auprès de vous c’est uniquement et entièrement la faute de ce roman. J’ai dû commencer ce roman il y a 3 mois, peut-être 4. Il fait plus de 800 pages me direz-vous, mais tout de même…

Je suis loin, très loin, d’avoir traîné ce livre comme on traine un boulet. Je l’ai plutôt emmené partout où j’allais. Il a d’ailleurs visité deux pays européens auprès de moi. Je ne l’ai pas subi bien au contraire. Je l’ai savouré.

 

C’est la toute première saga familiale que j’ai décidé d’ouvrir. Nous y découvrons la famille Miller et dans ce premier tome, nous suivons Gabrielle, la mère de famille. Si je devais vous décrire Gabrielle, je crois que je n’aurais pas trop de difficultés. Voyez-vous, Gabrielle est la femme que tout le monde apprécie mais qui ne fait rien d’extravagant pour cela. Elle séduit, malgré elle, les hommes comme les femmes en s’étonnant de le faire. Elle est juste quelqu’un de bien. Gabrielle, c’est à la fois la maman que l’on aimerait avoir, la sœur que l’on a désiré, l’amie a qui l’on voudrait se confier, et certainement la femme que l’on aimerait être.

 

A travers chacun de ses choix, nous réapprenons beaucoup sur l’avancé des droits des femmes.

 

En effet l’histoire se déroule dans les années 1930 à Québec où la crise ne fait pas de cadeau. Le premier accent qui est mis dans ce roman est le choix amoureux de Gabrielle car elle fait un véritable choix. Contrairement aux femmes qui l’entourent, elle ne se marie pas pour faire plaisir à ses parents et assurer son avenir financier, elle le fait par amour. Et si ce couple fait rêver ses congénaires, je crois qu’il pourrait faire rêver plus d’un de nos contemporains. Edward, son mari, est d’une écoute sans faille, d’une admiration totale pour son épouse.

 

Soulevée par son bonheur conjugal, Gabrielle va élever ses  enfants dans un cadre de bienveillance et d’amour qui ne correspondent pas toujours avec les us et coutumes de ses propres sœurs par exemple. C’est à travers ses yeux que nous allons voir grandir chacun de ses petits bouts et plus particulièrement Adélaide qui fera l’objet du second tome.

 

C’est également Gabrielle qui va nous faire découvrir les effets du krach de 1929 : la pauvreté, le travail des enfants, les maladies, le poids de la religion et celui de la sexualité. Elle sera, pour cela, entourée de personnages secondaires qui ont une importance primordiale et qui sont décrits par l’auteure avec un talent fou. Je me délectais de raconter leurs étés chaleureux, leur peur de la guerre, la difficulté de leurs choix, l’amour qu’ils partageaient, à l’oreille attentive de mon amoureux.

 

Je ne suis pas certaine que quelqu’un ait réussi à rendre hommage à ce livre  comme il le mériteraiten une chronique mais je n’ai pas encore croisé de personne l’ayant lu qui n’ait pas été emportée. C’est un bon argument, non ?

Ne passez pas à côté de cette famille. Moi je file, j'ai deux autres tomes qui m'attendent.

 

 

Parce que je suis une lectrice qui ne sait pas lire sans crayon, je vous laisse quelques citations et je vous dis à très vite !


 

« Tu veux devenir une grande dame, Béatrice ? Ta grand-mère, qui en était une, disait : on reconnait les grands à la façon dont ils traitent les petits. Gagner en humiliant, c’est perdre. »

« Il ne dit rien de ce qu’il sait depuis Noël et qu’il va cacher et nier aussi longtemps qu’il vivra si seulement Dieu ou le Diable lui permettent de la revoir, de respirer son sourire , d’attraper des parcelles de sa vie. »

 

« Est-ce possible que cette même torture de l’absence ait habité P. ? A-t-elle, elle aussi hanté les moindres parcelles du souvenir pour supporter les jours vides où la question lancinante du courage de continuer sans l’autre se posait ? »

« T’imagines-tu que je suis la seule à t’avoir aimé et à avoir souffert ? Vraiment, N., tu m’étonnes ! Tu ne sais pas encore que les femmes vont au lit avec leur cœur ? Qu’un cœur n’est pas une paire de bas qu’on laisse sur le tapis du salon ? »



Coline Nelson.

 


10/08/2017
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Les derniers jours de Rabbit Hayes

 

Auteure : Anna McPartlin

Editeur : Le cherche Midi / Pocket

Année : 2016

 

Quatrième de couverture

 

 

Neuf jours. C’est ce qu’il reste à vivre à Mia Hayes, surnommée affectueusement « Rabbit ». Neuf jours, après plusieurs mois de combat – parce que Rabbit est une battante, une Irlandaise bien trempée.

À son chevet, famille et proches se relaient en un joyeux ballet de souvenirs. Entre silences, gaffes et fous rires, toute la vie de Rabbit ressurgit alors : l’enfance, l’adolescence, Johnny son grand amour, et Juliet, sa fille de 12 ans – une certaine idée du bonheur… Au fil des jours, tous s’interrogent sur leur vie et accompagnent Rabbit dans un voyage émotionnel d’une grande intensité. Quel meilleur bagage pour partir vers la lumière ?

 


Mon avis

 


Lors de mon swap, j’ai reçu « Les derniers jours de Rabbit Hayes ». J’étais attirée par cette histoire depuis quelques mois maintenant. Vous me connaissez, les histoires tristes à en pleurer, c’est très souvent tout le temps ce que je recherche. La différence avec celui-ci c’est qu’habituellement on peut être surpris par la mort d’un personnage ou par l’apparition d’une maladie. En achetant ce livre, on le sait. "Les derniers jours de Rabbit Hayes". Rabbit va mourir. Je crois que ce qui m’attirait face à cette couverture c’était de savoir si en connaissant l’issue dès le début, je pourrais être étonnée, être touchée. J’ai eu ma réponse.

 

Lorsque l’on tourne les pages de ce roman, on ne cherche pas à savoir si Rabbit s’en sortira. On essaie de comprendre comment elle va réagir face à ses derniers jours qui défilent. Comment peut-elle garder de l’optimisme, de la volonté puis de la sérénité ? Comment ses parents vont-ils accepter le fait d’enterrer leur enfant, alors que la force des choses voudrait l’inverse ? Comment Grace et Davey vont-ils réagir face à la diminution de leur petite sœur ? Comment Juliet aura-t-elle la force, à 12 ans, d’encaisser que sa maman s’en aille à jamais ?

 

J’ai pleuré. J’ai pleuré à grosses et chaudes larmes. J’ai pleuré à plusieurs reprises. Ce sujet, qui est l’un des plus difficiles, est traité avec une telle douceur, une telle intelligence, une telle réalité. L’auteure est, pour moi, l’une des meilleures de sa génération. Elle dépeint ses personnages avec une incroyable authenticité. Une précision parfaite. J’avais l’impression de connaitre la famille Hayes depuis longtemps déjà et d’accompagner chaque membre dans son cheminement face à l’acceptation. Je crois que chaque comportement est dépeint devant une telle situation. Il y a ceux qui refusent l’inévitable et qui tentent tout et son contraire pour essayer de faire survivre Rabbit, ceux qui ont décidé d’accepter et de l’accompagner, ceux qui se rassurent dans la prière, ceux qui ne veulent pas en entendre parler face à une telle injustice. Il y a ceux qui se questionnent sur l’après, ceux qui se focalisent sur l’instant présent et ceux qui se perdent dans le réconfort des bons moments passés.

 

Ces moments passés qui nous font découvrir le personnage de Johnny, le grand amour de Rabbit. Cet homme, bien qu’appartenant au passé, dégage une puissance incroyable dans la vie de Rabbit et influence sa manière de l'organiser, jusqu’à sa mort. L’histoire de Johnny et Rabbit est belle et d’une poésie incroyable de la première à la dernière page.

 

 

J’ai pris le temps de lire ce roman. Je l’ai à la fois dévoré lorsque je l’ouvrais et à la fois savouré en le posant à chaque moment crucial. J’avais besoin de le digérer, de le réfléchir, de le faire durer. Je n’avais pas envie que cette histoire se termine, je voulais juste être là, propulsée près de la famille Hayes encore et encore, afin de ressentir cette furieuse envie de vivre que chaque personnage dégage. Parce que oui, j’ai pleuré, mais qu’est-ce que j’ai pu rire et m’attendrir !

 

Ce livre bouscule toutes mes listes de préférence et entre dans mes coups de cœur.

 

Pour essayer de vous convaincre encore un peu plus, et parce que je suis une lectrice qui ne sait pas lire sans crayon, je voua laisse avec une citation, et je vous dis à très vite!


" -Donc, dans ma tête, on vivra heureux pour toujours au pays des fées.

[...]Et dans la tienne, ce sont ces moments-ci, ici et maintenant, qui dureront à jamais."




Coline Nelson.

 


18/04/2017
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[La Kube] On s'y fera

Ma petite soeur commence à retrouver goût à le lecture. Pour Noël je souhaitais donc l'encourager dans ce sens, le souci étant qu'avec notre différence d'âge je ne savais pas du tout vers quoi me tourner. J'ai donc décidé de tenter l'aventure d'une box. Je me suis tournée vers le site "La Kube", à cela deux raisons : le livre est personnalisé à la demande, et il me semble que le prix est l'un des plus attractifs. J'ai donc renseigné les passions de ma petite soeur et spécifié deux ou trois détails sur sa vie de lectrice avant de recevoir le tout et de lui l'offrir.
Visiblement, la demoiselle était contente.

Ce qui est encore plus certain c'est que finalement, ça me tentait bien aussi moi cette petite affaire. Alors j'ai prolongé l'abonnement et cette fois j'ai fait une commande pour moi. Mon message était le suivant : "Trouvez-moi le livre qui me fera pleurer. Le personnage principal de ce livre doit traverser une épreuve et évoluer en conséquence." -OuiMoiEtMesThèmesToujoursGaies-
J'avais également précisé que mon livre pouvait être français tout comme étranger que j'avais peut-être même une préférence pour découvrir une littérature étrangère.

J'ai attendu quelques semaines et voilà ce qui a été déposé dans ma boite aux lettres.

 

 

 

 

- Un petit mot de la libraire, qui a fait le choix de mon livre, sur son métier,

- Une préface contenant un petit message de l'équipe, un rituel de lecture, la chronique d'un livre, les coups de coeur des libraires, un éditeur invité et l'actualité littéraire. Je trouve ce document rondement bien mené, efficace et intéressant 

- Un sachet de "thé magique" : thé vert au parfum de citronnelle, notes de bleuet et de rose,

- Une bougie à la vanille,

- Trois jolis pin's

- Une carte et un marque-page (absent de ma photo),

- Un dossier illustré sur Alexandre Grothendieck (si vous me dites que vous ne connaissez pas de prime abord, ça me rassure un peu. Merci! Mais c'est aussi fait pour ça, les dossiers : découvrir!)

- LE livre, je vous détaille mon avis sur le livre avant de vous faire un bilan sur mon expérience avec la Kube.

 

 

 

 

Titre : On s'y fera

Auteure : Zoyâ Pirzâd

Editeur : Le livre de poche
Année d'édition : 2007
Nombre de pages : 317

ISBN : 978-2-253-12446-7

 

 

Quatrième de couverture  

 

A travers le destin d'Arezou, une femme iranienne, active et divorcée, écartelée entre sa mère et sa fille, trois générations s'affrontent dans un monde où règnent depuis longtemps les interdits et le non-dit. On la suit au bord du rire ou des larmes, espérant avec elle profiter enfin d'une certaine beauté de la vie. Dans un roman d'une richesse et d'une vigueur exceptionnelles, Zoyâ Pirzâd brosse à la fois le portrait d'une société pleine de contradictions et celui d'une femme passionnante, aussi drôle et attachante qu'une héroïne de Jane Austen.

 

Mon avis 

Dans ce roman, nous suivons le quotidien d'Arezou, en Iran. Ne vous attendez pas à plus. Ne vous attendez pas à de l'extraordinaire. L'intrigue est là. Nous suivons cette jeune femme sur les différents plans de sa vie. Tout d'abord, auprès de sa famille : Mah-Monir, sa maman, Ayeh sa fille et leurs servants. Arezou fait effectivement partie d'une classe sociale aisée. Pour autant, elle a décidé de vivre en étant indépendante. Elle a divorcé du papa d'Ayeh qui lui vit à Paris et a repris l'entreprise familiale suite au décès de son père. Elle est donc responsable d'une agence immobilière qui emploie plusieurs personnes dont sa meilleure amie, Shirine. Enfin, nous suivons Arezou sur le plan affectif. Cela va être la trame du livre. Arezou va devoir tenter de faire accepter son envie de vie à deux à son entourage entièrement féminin.

L'immersion dans le monde iranien est totale. Des mots de politesse (madame/monsieur) ou de proximité (ma chère, chérie) sont restés en Persan, dans le texte traduit, et chacun est expliqué dans les premières pages du livres ou en dans le glossaire. Ce qui peut à la fois permettre de se plonger dans cet univers et en même temps gêner quelque peu la lecture. L'inégalité homme/femme se fait ressentir à juste dose. La nourriture typique y est présente à profusion car les scènes se déroulent souvent à table, ce qui est loin de me déplaire! L'irruption de la police des moeurs nous rappelle le contexte. Enfin, l'histoire d'amour est pudique au plus haut point. Non, il n'y aura pas un baiser échangé. Je respecte totalement, mais ça a manqué à la lectrice romantique que je suis.

Les personnages, surtout secondaires, ne sont vraiment pas suffisamment approfondis selon moi. On ne s'y attache donc pas du tout, et l'on se retrouve à se demander "qui peut donc bien être cet individu déjà?". Second point assez troublant, il y a beaucoup de dialogues mais très peu d'indications concernant celui qui lance la discussion. On doit donc parfois deviner quel personnage pourrait tenir tel ou tel propos. C'est peut-être également cela qui fait que l'on ne connait pas vraiment les protagonistes. Enfin, il y a des personnages qui portent le même prénom, et cela n'arrive pas qu'une fois. On a fini de me perdre...


Vous l'aurez compris, je me trouve dans un entre deux quelques peu dérangeant. J'ai aimé le dépaysement et l'ouverture d'une fenêtre sur une autre manière de vivre, que ce livre a pu me procurer. Malheureusement, je ne me suis pas du tout attachée aux personnages, je trouve l'intrigue totalement lisse et la fin que l'on attend est finalement complètement ouverte... J'ai donc appris beaucoup de chose sur le pays mais trop peu sur les personnages. Je ne rejette cependant pas du tout la faute sur l'auteure, je pense juste que je ne suis pas assez experte en littérature étrangère et que je suis installée dans les codes de la littérature française et/ou anglo-saxonne. Ce livre ne m'a donc pas vraiment emballée mais il m'a fait réaliser qu'il est grand temps que je me fasse bousculer par d'autres types de lecture.

Et concernant ma demande Kube? 

Pour les larmes c'est raté. Je n'ai ressenti aucune émotion. Cependant, la protagoniste a bien vécu un changement de vie et doit évoluer en permanence. J'ai également eu la chance de découvrir mon premier livre iranien. Selon moi, le contrat est rempli.

Comme je suis une lectrice qui ne sait pas lire sans prendre de note, je vous laisse avec une citation et je vous dis à très vite!


" J'ai tout d'abord pensé qu'il y avait des choses plus importantes à faire, puis qu'il fallait que j'épouse une femme avec qui parler des grandes questions. J'ai mis du temps à comprendre qu'il n'y a pas de questions plus importantes que la couleur des murs, l'agencement du mobilier, l'emplacement des tableaux, le choix du menu pour le déjeuner ou le diner, et qu'il fallait pouvoir rire de tout ça ensemble."


 


Coline Nelson

 

 


04/04/2017
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