Notes from Coline

Notes from Coline

Nos années sauvages

nos années sauvages.jpg

 

Auteur :Karen Joy Fowler

Éditeur : Presses de la cité 

Parution : 21 avril 2016

Pages : 365

ISBN : 2258118433 

La quatrième de couverture

 

 Il était une fois deux soeurs, un frère et leurs parents qui vivaient heureux tous ensemble. Rosemary était une petite fille très bavarde, si bavarde que ses parents lui disaient de commencer au milieu lorsqu'elle racontait une histoire. Puis sa soeur disparut. Et son frère partit. Alors, elle cessa de parler… jusqu'à aujourd'hui. C'est l'histoire de cette famille hors normes que Rosemary va vous conter, et en particulier celle de Fern, sa soeur pas tout à fait comme nous…

 

Mon avis

 

Je viens de refermer le livre le plus singulier qu’il m’ait été donné de lire.

 

J’ai tout de suite été attirée par ce magnifique livre à la couverture si soignée. J’ai lu la quatrième de couverture et je n’ai plus lâché ce roman. Enfin, mon amoureux me l’a piqué le temps que je termine ma lecture du moment. Une fois qu’il l’eût fini, il avait hâte d’avoir mon avis. J’ai vite compris pourquoi.
Je ne peux pas vous révéler le cœur même de ce roman car je vous spoilerais allégrement.

 

D’après la quatrième de couverture, je m’attendais à une histoire familiale sombre et haletante. Ma déception a été grande car il ne s’agissait pas cela. Et c’est ici que se joue la complexité de mon ressenti face à ce livre car j’ai à la fois été déçue et à la fois été tellement surprise que je ne peux pas vous dire que je ne l’ai pas aimé.

 

On suit tout au long du roman le personnage de Rosemary. Nous rencontrons la Rosemary qui a  5 ans, celle qui réalise ses études puis celle qui travaille. « Puis » est un grand mot. « Je n’arrivais pas à faire le lien entre un paragraphe et le suivant »,  cette citation, tout droit sortie de ce livre, le résume à merveille. J’ai le sentiment que l’histoire a été noyée par beaucoup d’aller-retour. En effet, Rosemary, nous raconte sa vie avant, pendant et après les drames qui lui sont arrivés mais sans ordre véritablement établi. Il m’est arrivé plusieurs fois pendant ma lecture de m’arrêter au milieu d’un chapitre et de me demander « Mais comment en sommes-nous arrivés là en si peu de lignes ? ». Il me semblait que (à peine) le temps de tourner une page, Rosemary nous parlait d’un sujet puis d’un autre sans aucun rapport et sans aucune transition. Je pense que c’est ce qui m’a, personnellement, empêché de m’attacher à ce personnage. Il y a toutefois un point très intéressant concernant les époques. L’auteure nous situe dans le contexte en nous narrant les évènements marquants et réels de l’année dans laquelle se situe son personnage. J’ai trouvé cela très intelligent.

 

Je n’ai jamais lu un livre qui traitait de ce sujet. Jamais. Je ne peux pas vous le donner, toujours pour ne pas vous dévoiler le côté surprenant de ce roman, mais ce livre parle à la fois d’amour familial, d’acceptation, de respect, d’humanité, de moralité et de sociologie.
Ce dernier point est tellement présent qu’il m’a d’ailleurs questionné sur le ressenti des lecteurs qui n’avaient jamais étudié de près ou de loin la sociologie. J’ai retrouvé tellement de théories que j’avais pu étudier (et j’en ai découvertes tout autant !) que je me demandais si ce n’était pas trop pour des personnes éloignées de ce milieu. Mon amoureux a répondu à ce questionnement puisque cela ne l’a pas du tout pesé.

 

Il y a, enfin, un dernier point sur lequel j’ai envie de revenir. J’ai terminé ce livre en ayant le sentiment d’avoir lu une biographie. Je ne saurai expliquer pourquoi mais j’ai refermé le livre et en le débriefant avec mon amoureux, je lui soutenais que Rosemary était en fait Karen Joy Fowler. Après quelques recherches, il s’avère que ce livre n’est effectivement pas autobiographique. L’auteure a, semble-t-il, réalisé tellement de recherches sur son sujet et a tellement bien contextualisé ses années d’études (qui ne sont même pas de sa génération)   que j’ai refermé le livre en pensant qu’il s’agissait de sa vie. Cela montre à la fois sa force d’écriture et à quel point je n’ai pas été transporté dans une magie romanesque.

 

Je vous invite réellement à aller lire ce roman sans chercher à en savoir davantage sinon vous perdrez tout son intérêt. Je ne sais pas si vous aimerez, si vous détesterez ou si vous resterez aussi perdus que moi face à Nos années sauvages, mais il est évident que vous non plus, vous n’avez jamais lu un livre comme celui-ci.

Parce que je suis une lectrice qui ne sait pas lire sans prendre de notes, je vous laisse avec une citation et je vous dis à très vite !

 

« Lowell semblait instable au sens le plus littéral du terme. Comme quelqu’un qu’on a poussé et qui a perdu l’équilibre. »

 

Coline Nelson



30/10/2016
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 6 autres membres