Notes from Coline

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C'est maman qui a tué le Père-Noël

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Auteur : Alexandra Varrin

Éditeur : Léo Scheer

Parution : 2012

Pages : 208

 

Quatrième de couverture

 

«  Ils ne pensent pas à mal et au fond ce sont des gens bien, notion que vous avez apprise par cœur même si ce sont des personnes que vous ne connaissez pas, qui ne se sont jamais mouillées pour vous et à qui vous hésiteriez longtemps à donner un rein même en sachant qu’ils en ont besoin. La famille. Finalement c’est un peu comme la religion  : si ça n’existait pas, il y aurait moins de tarés.  »

Huis-clos familial tragi-comique, C’est maman qui a tué le Père Noël réunit pour les fêtes de fin d’année trois femmes issues de générations différentes, la grand-mère, la mère et la fille, chacune en proie à ses névroses, pas nécessairement compatibles avec celles des autres. Les squelettes sortent du placard tandis que tout le monde déballe sa hotte à l’occasion de la Nativité, et, comme le veut la coutume, ça sent le sapin.

 

Mon avis

 

Je participe au Cold Winter Challenge. Pour celles/ceux qui ne le connaissent pas, il s'agit de choisir deux livres correspondant aux thèmes "Montagnes enneigées" et/ou "La magie de Noël". Les deux thèmes me parlaient, me voilà donc engagées!

Je commence donc avec "C'est maman qui a tué le Père-Noël".
Oui, parce que magie de Noël d'accord, mais me connaissant il fallait bien y ajouter quelques drames familiaux!
C'est vrai, je suis très téléfilm de Noël mielleux à souhait mais depuis quelques années je ne peux pas m'empêcher de penser que Noël ce n'est pas cela pour tout le monde. Alors avec cette lecture, j'ai eu envie d'autre chose.

Dans les dix premiers chapitres, Alexandra Varrin va découper soigneusement la journée du 24 décembre de retrouvailles familiales explosives entre trois femmes. Les points de vue d'Alice, la fille, moins équilibrée que l'on ne pourrait le penser, de Danièle, la mère, plus folle qu'on oserait l'imaginer, et Berthe, la grand-mère endeuillée plus seule qu'amoureuse, vont s'entrecroiser. Leurs névroses personnelles vont s'entrechoquer à coup de mauvaise foi, de provocations, de méchancetés complètements gratuites, le tout emballé dans de l'humour noir et ficellé avec un brin d'émotion.

La deuxième partie adoucit quelque peu ce tumulte familial. L'heure étant aux au revoir. Ce livre est criant de vérités concernant les relations familiales. Je connais peu de personnes qui ont la famille parfaite où il n' y a jamais eu de déchirures, mais finalement chacun fait des efforts puisqu'on est tous amenés à se revoir. C'est un peu ce que réalise Alice dans cette dernière partie : des efforts, puisqu'il y aura une prochaine fois.

J'ai apprécié ce livre. Pourtant pour la première fois de ma vie, ce n'est pas plus l'histoire que la manière dont on me l'a contée que j'ai aimé. L'histoire est parfaitement construite et je crois que chacun peut y retrouver tout, ou partie, d'un membre de sa famille (peut-être même soi) lors des réunions de famille, dans un des trois personnages. Cependant l'écriture est bien meilleure encore que le fond. Je découvre Alexandra Varrin et je ne veux plus m'arrêter dans la liste de ces romans. Il n'y a qu'à lire les titres de chacun de ses chapitres (et ce titre de roman! On en parle de ce titre?) pour comprendre que l'écriture est belle et forte. Il y a de l'intelligence, de la refléxion et du talent travaillé dans chacune de ses phrases. Alexandra Varrin, nous fait traverser les pages grâce à sa poésie noire et nous guide jusqu'à cette chute touchante et son épilogue drôle et puissant à la fois.

Je résume? Si vous voulez découvrir Noël via un autre point de vue que son côté doux et magique, si vous souhaitez un peu de piquant et de relations brutes : C'est maman qui a tué le père-Noël.

Comme je suis une lectrice qui ne peut pas lire sans crayon, je vous laisse avec ces citations et je vous dit à très vite pour la suite du Cold Winter Challenge!

 

"Peut-être qu'elles savent ce qu'elles veulent, ces filles, et  que du coup c'est ce qu'elles ont : quand on court comme Alice à la recherche d'une intensité vague dont au final on ignore tout, on est bien obligé de se contenter du moins pire."

"Les familles, finalement, c'est un peu comme les religions : si ça n'existait ps, il y aurait moins de tarés."

"L'histoire serait probablement différente vue par les yeux de Danièle, est-ce à dire pour autant que sa version serait moins valable? Tout le monde a sa vérité, tout le monde -même le plus bête, même le plus lâche- a une histoire à raconter, et il n'y en a pas une qui vaille mieux que les autres, il n'existe pas plus de hiérarchie entre elles qu'il n'y en a entre les êtres humains."

 

Coline Nelson.




23/12/2016
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